5 choses à savoir pour un tableau « Âge d’or » réussi

On désigne généralement par « l’Âge d’or » de la danse orientale la période de 1930 à 1960. Elle coïncide étroitement avec l’apogée du cinéma égyptien et la « starification » de danseuses, notamment à travers les films. Pour créer un tableau dans cet esprit, il est important de bien en comprendre quelques subtilités…

Samia Gamal
Samia Gamal

1. Le courant de « l’Âge d’or » correspond en fait à une multitude de styles

Dans la communauté de la danse orientale, nous parlons de l’Âge d’or pour une époque allant généralement de 1930 à 1960, superposant ainsi la « meilleure époque » ou l’apogée du cinéma égyptien à celui de la danse orientale.

Pourtant, on se doute bien que la danse a beaucoup évolué au fil de cette large période et que, au sein même de chaque époque, chaque artiste avait un style distinct, par exemple :

  • A l’aube de cette ère : Hekmet Fahmy, Badia Masabni et Beba Ezzedin
  • Suivies par : Samia Gamal, Taheya Carioca et Naima Akef
  • Et plus tard : Soheir Zaki et Nagwa Fouad

Pour s’inspirer des danseuses anciennes, il faut donc être logique. Soit s’inspirer d’une seule danseuse ou de plusieurs danseuses d’une seule période, sans mixer les époques ! Bien sûr, une danseuse pouvait également avoir plusieurs cordes à son arc et danser du folklore, du baladi, des chansons classiques et des fusions. On trouve ainsi des vidéos de Samia Gamal dans un style « jazz » ou encore Taheya Carioca dans de nombreuses fusions !

Taheya Carioca dans un tableau d'inspiration hawaïenne
Taheya Carioca dans un tableau d’inspiration hawaïenne

2. Beaucoup tient du rêve et du fantasme

Les vidéos anciennes proviennent principalement de films. La scène de danse pouvait servir l’intrigue du film, comme elle pouvait en être complètement déconnectée, à la façon des comédies musicales hollywoodiennes.

Ces scènes déconnectées de l’histoire relèvent d’un univers imaginé, d’un rêve, d’un conte, ou autre. En se fiant uniquement aux films, on trouve donc énormément des scènes de danse que nous aurions plutôt tendance à classer aujourd’hui dans la catégorie « Fantasy ».

SOS Jeune fille en détresse

Notez également que, pour les scènes des années 1920 à 1950, la danseuse a souvent le rôle de la « jeune fille en détresse » (comme dans la photo ci-contre), voire de faire-valoir pour le rôle masculin ou le chanteur. L’arrivée de figures fortes et plus dominantes se fait à partir des années 1950.

Au-delà des films, un petit rappel concernant les spectacles : dans le contexte de l’époque, Badia Masabni créée pour son cabaret des tableaux adaptés à un œil occidental. Tout comme le cancan ne reflète pas la réalité parisienne du XIXème siècle mais une imagerie rêvée des Françaises, les spectacles des cabarets dépeignent parfois un orient fantasmé.

3. Chaussures ou pas chaussures ?

Dans son cabaret, Badia Masabni avait demandé aux filles de son cabaret de porter des chaussures à talons. La danse orientale que nous connaissons serait donc née sur talons ! Donc oui, pour être parfaitement cohérent en représentant cette époque, il faudrait danser avec des talons.

Soheir Zaki en costume qui cache le ventre

De plus, les costumes de cette époque mettaient avant tout les jambes en valeur. On voit notamment des jupes complétement fendues ou transparentes, laissant entrevoir un short ou une culotte. Les costumes actuels mettent beaucoup l’accent sur le décolleté, mais ce n’était pas pas le cas alors !

Avec les années 1960 arrive l’obligation de cacher son ventre, ce qui va faire évoluer le design des costumes. En s’inspirant de cette époque, les danseuses devraient donc porter un filet ou une tenue qui cache le ventre.

4. Tranquille sur les percussions

Pour des raisons de qualité du son, on est parfois tenté d’utiliser des versions modernes de musiques anciennes. Attention : les versions d’aujourd’hui ont beaucoup plus de percussions que les musiques de cette époque. Cela peut complétement transformer la musique, et donc la danse.

Soheir Zaki aurait été la première à danser sur les chansons de Oum Kalthoum (même s’il semble qu’une autre danseuse ait accompagné Oum Kalthoum sur scène). Impossible donc de s’inspirer des mouvements de Samia pour interpréter une chanson de Oum Kalthoum !

5. Les strass sont arrivés sur les costumes très récemment

L’utilisation de strass était très rare sur les costumes de cette époque. Ils font leur arrivée seulement dans les années 1990. On favorisera plutôt les sequins et les perles pour les ornements.

Samia Gamal & Fernandel sur le tournage de Ali Baba

Autre chose peu utilisé à l’époque : les paillettes en maquillage ! Les faux cils en revanche existaient déjà et un grand soin était apporté aux sourcils.

Quant aux cheveux, les modes changent évidemment au fil des années : boucles serrées dans les années 1930, boucles brushées par la suite, la mode sera finalement aux cheveux lissés dans les années 1960 avec Soheir Zaki. Tresses et queues de cheval postiches sont fréquentes. Contrairement aux idées reçues, le chignon était par contre assez rare.

Bon courage avec tout cela ! En espérant que ces conseils t’auront aidé.


Cet article est d’abord paru dans Ya Salam!

Ya Salam! est un magazine en ligne autour de la danse orientale et tout ce qui s’y rapporte !

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