La danse et moi, ça n’a pas été le coup de foudre : mon histoire avec la danse

Personne chez moi n’est danseur ou artiste. Rien dans mon histoire ou mon entourage ne me prédestinait à la danse orientale.

Ma mère m’a inscrit à un cours de modern’jazz quand j’avais 5 ans parce que j’avais une mauvaise posture et une mauvaise position des pieds. Les années ont passé, j’adorais ma professeur. C’était le meilleur moment de la semaine d’autant que j’y allais avec ma meilleure amie (j’ai toujours été une danseuse sociale qui va autant au cours pour les copines que pour le reste), de là à dire que c’était une passion, je ne sais pas. Un jour, ma tante est venue me voir à une représentation et, pour résumer, elle m’a dit qu’elle avait trouvé que j’avais beaucoup progressé parce qu’avant j’étais vraiment pas terrible… Je m’en souviens encore alors que ça fait plus de 20 ans. A l’époque, je n’avais vu que le compliment caché là-dedans mais qu’est-ce qu’elle avait raison ! Évidemment, on parle d’un gala d’enfants dans le 93 mais elle avait raison : l’année où j’étais en Indien, j’étais bien meilleure que quelques années auparavant quand j’étais en lutin ou je ne sais plus quoi… Ce qui explique peut-être pourquoi j’étais en dernière ligne (ce qui n’est pas plus mal quand tu es déguisé en lutin). A cette époque, comme beaucoup, je veux être instit’ ou danseuse.

En déménageant, je n’ai pas retrouvé de cours aussi bien et j’ai mis la danse de côté pour le patinage. C’était une ville qui avait plusieurs équipes de patinage et je pense que je leur dois mes énormes mollets aujourd’hui. Soit. Pendant les années lycée, j’avais d’autres choses en tête et je ne trouvais vraiment pas de cours qui me convenait. La plupart des cours de modern’jazz sont quand même terriblement chiants. Cependant, ma chambre se transformait régulièrement en studio de danse. On n’avait pas encore YouTube mais merci MTV, ses clips et émissions de danse !

Je suis enfin revenue à la danse quelques années plus tard en arrivant un peu par accident dans un cour de danse orientale dans le centre culturel de ma ville. C’était en pleine période Shakira et le cours était tellement bondé que la prof refusait du monde. Dont moi qui ne m’était pas inscrite à temps. Pas de chance, ma rencontre avec la danse orientale sera donc retardée d’une année. Quant à la prof, c’est Sonia Shaane de la compagnie Es’Saada mais ça je n’en ai aucune idée à ce moment-là.

Je n’aime pas qu’on me dise « non » donc ça avait suffit à me motiver à revenir l’année suivante. Enfin j’y suis, et motivée. Les professeurs ont changé et s’appellent Alexia Martin et Jaziaa. Je ne saurais pas mettre les mots dessus mais je sens qu’il se passe quelque chose. On ne passe pas son temps à compter, on suit la mélodie, les percussions. Le corps est un instrument de l’orchestre. Le répertoire est illimité. Ce n’est pas le coup de foudre, c’est une relation qui nait lentement, au fur et à mesure qu’on apprend à se connaître, un amour qui grandit à chaque rendez-vous. Au fil des mois, puis des années, je suis de plus en plus à l’aise. Les professeurs ont un style traditionnel et épuré, ce qui me fait travailler surtout le bassin et un style très terrien.

Je finis mes études. Je déménage encore. Je commence à travailler. Entre temps, YouTube est né depuis quelques années. Je découvre que le site recèle de vidéos de danse orientale. Je découvre que la danse orientale, c’est en réalité tout un éventail de styles différents et que j’ai à peine entrouvert la porte. Mieux, je découvre la parisienne Yaël Zarca. Ni une ni deux, je m’inscris à son cours. Et là c’est trop tard, j’ai mis le doigt dans un engrenage et je suis happée. J’ai en plus cette frustration de me dire que j’ai beaucoup à rattraper et de choses à faire et connaître absolument. J’enchaîne les cours et les stages. Je zappe les spectacles quand je n’ai pas le budget ou le temps de tout faire. Je m’entraîne chez moi. Je vais toujours vers ce que je connais le moins, dans le but d’enfin connaître et c’est cela qui me fait évoluer relativement rapidement. Il n’y a pas beaucoup de professeurs parisiens qui ne m’ont pas vu dans leurs stages à ce moment.

Petite anecdote, c’est lors d’un séjour à Center Parcs avec Yaël Zarca et une soirée hilarante que je danse seule pour la première fois devant un petit public. Puis plus souvent. Puis sur scène. Puis plus souvent. Je remercie infiniment Yaël de m’avoir toujours poussé, corrigé, orienté et donné de belles opportunités de danser devant un public.

Un autre professeur qui a beaucoup contribué à mon évolution est Semsemah. Je regardais toutes ses vidéos sur Internet, j’aimais son style et sa modernité et je me suis mise à assister à tous ses stages (je cherche la musique du premier stage que j’ai fait avec elle mais ma mémoire ne trouve plus…) Je me souviens qu’elle m’a littéralement fait rêver lors d’un spectacle en l’honneur de Yousri Sharif.

C’est avec elle que je fais mon premier voyage vers un festival de danse orientale : Heshk Beshk en Italie. (Qu’est-ce qu’il était bien ce festival, il me manque !) Elle me pousse et me coache pour le concours. Avec le recul, je vois que ma danse n’était pas assez mature mais je n’ai pas à rougir de ma prestation. C’était un super moment. Au contraire, cela me motive encore plus. Je me forme et je m’entraîne toujours. Je me déplace et je fais des rencontres. Je commence à donner un cours à des enfants.

Seulement 10 mois plus tard, je me présente au concours du 1e festival Mahrjane al Sharq organisé par Bina. Dans le jury, un panel de danseurs français et les égyptiennes Dina, Dandash et Raqia Hassan. Pourquoi je ne me suis inscrite, je ne sais plus. L’amour du challenge. Le besoin de secouer le quotidien, de me mettre un coup de pied dans les fesses. Et pour ceux qui connaissent les festivals de danse orientale, la « scène ouverte » est souvent à minuit, dans un endroit pas top et parfois même pas filmée, alors pourquoi pas le concours, un peu mieux considéré ! Pas pour les cadeaux ou l’ambition de gagner. J’arrive en 2e position : c’est la joie et la surprise ! Idem à Toulouse. Idem à Montpellier quelques mois plus tard. En y réfléchissant, je me souviens que, peut-être deux années avant quand je cherchais à danser en public, faire des scènes ouvertes, etc., j’avais participé à un concours au Divan du Monde et j’avais du faire dernière ou avant-dernière sur six participantes. Une des rares fois où mon mec est venu me voir danser, l’ambiance dans le RER au retour !

Pour être parfaitement honnête, les mois qui suivent ne sont pas très glorieux. Je me lance dans une association perdue d’avance. J’ai énormément de travail et de responsabilités en dehors de la danse. Je n’ai plus le temps de préparer lorsque je veux présenter quelque chose et le rendu s’en ressent beaucoup. On me le fait remarquer. Je sens que quelque chose me file entre les doigts. Heureusement, à côté de ça, ma vie amoureuse se porte bien, ma vie professionnelle aussi, je voyage beaucoup, tant et si bien qu’un jour, je ne suis plus seule.

Bianca nait le 7 septembre 2015. Ma grossesse m’amène à réfléchir beaucoup sur ce que j’aime et je n’aime pas, ce que je veux et ne veux plus, à faire le tri, à me fixer de nouveaux objectifs et décider d’une nouvelle vie.

Après la frustration des premiers mois en tant que jeune maman où je ne fais plus ce que je veux quand j’en ai envie et où mon corps ne répond plus tout à fait comme avant, me voilà lancée sur de nouveaux rails. Je reprends les cours de danse avec Yaël Zarca avec plaisir.

A mon tour, je commence à enseigner. Après les cours enfants ou de rares remplacements ici et là, je fais le grand saut. Ayant aussi une pratique sportive (quasi) quotidienne, j’entends parler d’un nouveau concept – eLgo Dance – et suit la formation pour pouvoir enseigner. Je me sens un peu gauche à côté des autres filles expérimentées dans le monde du fitness (un peu grosse aussi quelques mois après mon accouchement) mais peu importe ! Ma force, ce sera toujours de plonger dans ce que je connais pas dans l’espoir de le connaître !

Ainsi, à la rentrée, je lance, non sans une petite boule au ventre, plusieurs créneaux de danse orientale et eLgo dans la région parisienne. Merci mille fois à mes élèves qui ont essuyé les plâtres cette année-là mais finalement je pense que je ne me suis pas si mal débrouillée à en croire leurs retours. A vrai dire,  je me découvre une vraie passion pour l’enseignement et la transmission. J’aime expliquer et ré-expliquer, préparer mon petit programme de cours, guider vers tout ce qu’il y a à connaître (même si « c’est trop dur, on n’y arrive pas »), partager ma passion. J’aime mes élèves (tous !) et j’aime les voir évoluer et parfois se révéler dans la classe. Ma nouvelle devise : c’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore. Tellement vrai !

Avec l’ambition d’élargir le public habituel de la danse orientale et de la dépoussiérer, j’organise également les soirées Glam’Hafla. Les danseurs qui souhaitent progresser (et normalement on veut progresser qu’on soit professionnel ou non) ont besoin de présenter leur travail devant un public, de nouveaux publics. C’était l’occasion d’organiser une rencontre régulière pour les amoureux – ou les curieux – de danse orientale.

Fière de ce nouvel élan, j’ai encore plein de projets en tête que j’espère mener à bien. J’espère surtout ne jamais cesser d’apprendre, ne jamais cesser de transmettre, d’être passionnée et d’avoir des papillons dans le ventre !

justine

2 comments to “La danse et moi, ça n’a pas été le coup de foudre : mon histoire avec la danse”

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  1. Sissi - 10 septembre 2017 Répondre

    Bravo pour ce beau parcours ma copine @ et j’adhère totalement à ta devise! T’es une battante et tu mérites tous ce succès !!!!

  2. Nawel - 26 avril 2018 Répondre

    Bravo à toi pour ce beau parcours !

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