DANSE FOLKLORIQUE vs DANSE TRADITIONNELLE

- les danses traditionnelles sont celles qui sont propres à une région ou un village transmises de génération en génération
- les danses folkloriques sont des danses plus récentes créées pour donner une identité à une région (et sans ses danses la tradition aurait été à jamais ignorée voire perdue)

Les danses de type : nubien, melaya, saidi, fellahi, haggalah ne sont pas des danses traditionnelles, ce sont des danses créees par Mahmoud Reda qui s'est inspiré de mouvements et traditions de la vie quotidienne ainsi que des tenues pour créer une danse propre à chaque région avec des costumes associés. Dans les années 50, l'Egypte tente d'effacer l'épisode Raqs Sharqi de son histoire chorégraphie non seulement pour son côté "dénudé" mais aussi pour son côté trop européen puisque l'Egypte est un protectorat britannique de 1879 à 1952. Le gouvernement octroie de l'argent à Mahmoud Reda pour faire (re)fleurir le patrimoine "traditionnel" de l'Egypte.

 

RAKS SHARQI

Style apparu dans les années 40 en Egypte sous l'impulsion de Badia Masabni. Celle-ci, souhaitant compléter les programmes occidentaux proposés aux touristes venus en Egypte, décida d'engager des danseuses d'origine égyptienne et arabe de manière générale. Désireuse de donner aux danses traditionnelles de ces jeunes femmes (baladi, saidi) une dimension scénique, elle fit appel à des danseuses du Bolchoi de Moscou. Le baladi traditionnel prit littéralement de l'ampleur: utilisation de l'espace, mouvement des bras sont les caractéristiques corporelles essentielles qui différencient raqs sharqi et baladi. Sous l'influence du cinéma hollywoodien, le costume traditionnel égyptien est remplacé par le costume deux-pièces, aujourd'hui représentatif de ce style.

 

BALADI

Le Baladi s'est développé en Egypte au début du siècle, période économiquement difficile qui obligea les paysans à quitter la campagne pour la ville. Le Baladi exprime à la fois la joie et la nostalgie. Il est le reflet de l'âme égyptienne. Le bassin est enraciné, les mouvements des bras sont proches du buste et de la tête et expriment de manière contenue et progressivement dévoilée toute la sensibilité, l'émotion et la passion de la danseuse.

Le Baladî est une danse traditionnelle égyptienne née dans les faubourgs du Caire au début du 20ème siècle à l'époque de la colonisation britannique. Elle se pratique pieds plats, les pieds et le bas du corps bien ancrés dans le sol; avec de la puissance dans le bassin et des bras près du corps. Peu de féminité et de coquetterie: une danse "intérieure" sur du "blues" égyptien. On passe du calme à la transe ou de la tristesse à la joie avec ou sans sourire: on danse avant tout pour soi sans se soucier du regard de l'autre. Pas de perfectionnisme dans la technique (qui n'a rien de spectaculaire ni de séductrice) mais un ressenti... Beaucoup d'improvisation, on se laisse emporter par la musique...
Tenue de spectacle: galabiya (équivalent de la djellaba en Egypte) recouvrant bien le corps, près des hanches mais ample au niveau du ventre; foulard noué autour des hanches (avec ou sans sequins); foulard sur la tête (avec ou sans sequins); bijoux à sequins avec, entre autres, des croissants de lune. Couleurs utilisées (éteintes): noir, bleu nuit, vert sapin, brun, prune, violet...

 

POP

La pop baladi est un style de musique qui soit reprend des classiques baladi avec une instrumentation moderne (habbi y eini de nourhanne), soit crée de nouveaux morceaux où l'instrumentation est très orientée vers l'instrumentalisation traditionnelle des morceaux baladi (accordéon)
A ne pas confondre avec la pop arabe, beaucoup plus occidentalisée (Amr Diab par exemple)

 

SHAABI

Le Shaabi vient des villages et des petites villes de l'Egypte.  Ce style qui a vu le jour dans les années 70, évoque souvent  la nostalgie et la tristesse mais la musique, plus moderne, reste festive. Il existe différents styles de Shaabi selon les pays (Egypte, Maroc, Algérie).

Je ne sais plus où j'ai lu récemment que Shaabi pouvait s'entendre au sens de "ghetto" au sens que les anglo-saxons mettent à "ghetto music". Une musique populaire et instinctive, spontanée, forte de son ancrage dans une réalité souvent difficile mais avec une énergie renversante. Shaaban le pape du shaabi égyptien est un gars de la rue et il plait au gars de la rue. Il parle de la vie quotidienne mais aussi de politique.
Il y a aussi un shaabi plus festif et moins engagé politiquement sur lequel on peut danser toute la nuit. Les classes sociales sont très marquées, et se définissent aussi par leurs goûts musicaux. C'est une danse qui a pour principal objectif d'amuser le public. On va souvent retrouver ces musiques Shaabi dans les mariages,... Dans les classiques orientaux, on parle principalement d'amour, avec des paroles très poétiques. Tout le contraire du Shaabi! Saad el Soghayar, surnommé le "Prince du Shaabi" a fait sur des chansons comme "El Einab" (raisin), "Bahebak ya Hmar" (je t'aime mon âne), "El Khokha" (pêche)....et les paroles ont été écrites de façon à ce qu'il y ait des rimes, même si c'est pour dire n'importe quoi.

 

SAIDI

Le saidi, littéralement : "du Said"(sud de l'Egypte), est un style de danse, comme son nom l'indique, pratiqué dans le sud de l'Egypte, donc pour vous situer : dans la région de Louxor, Assouan...etc.
A la base, il s'agit d'une danse masculine, celle des bergers de haute-égypte, qui utilisaient lors de cette danse un bâton.
En fait, ils ont développé depuis des siècles (des millénaires ?) un art martial appelé "tahtib", toujours enseigné, utilisant ce lourd bâton pour protéger leurs troupeaux des brigands et des bêtes sauvages.
Les passes d'arme se déroulent en musique, et bien que la nature en soit complètement différente, ainsi que les tenants et les aboutissants, on peut rapprocher cet art martial dansé de la capoeira brésilienne.
Cette danse s'appelle "raqs tahtib", elle est effectuée de manière évidemment plutôt guerrière par plusieurs hommes qui se défient.

Les femmes ont repris cette danse en la parodiant, et en remplaçant le bâton par une fine canne plus légère. Elles n'ont pas conservé l'esprit guerrier de la danse, mais plutôt un côté malicieux, avec des petits clins d'oeil, des coups d'épaule coquins, bref, tout un jeu de séduction avec le public ou ceux qui les regardent danser. Cette danse féminine s'appelle "raqs el assaya" (ce qui signifie: danse de la canne).

Plusieurs choses en commun néanmoins :
-le style reste un style rural, donc très ancré dans le sol, avec un centre de gravité très bas, des mouvements de hanches puissants. Une des caractéristiques est aussi une espèce de "rebond" en marchant, alors que dans les autres styles la tête doit rester au même niveau quels que soient les mouvements. C'est très difficile à expliquer avec des mots, on doit imaginer qu'on a des ressorts dans les articulations chevilles-genoux, et qu'on rebondit sur le sol, mais avec un centre de gravité très bas car le style reste terrien.
-le rythme sur lequel dansent aussi bien hommes que femmes reste un rythme saidi (doum tak doum doum tak, pour ceux qui connaissent le solfège arabe, une variation du maqsoum).
La musique saidi se caractérise par des mélodies lancinantes, ainsi que par l'utilisation très typique d'un instrument particulier, le mizmar,une sorte de hautbois qui produit des sons suraigus légèrement crispants au début. On s'habitue...
On dit que ceux qui ne supportent pas le mizmar ont été envoûtés, parce que le diable ne supporte pas le son de cet instrument. En écoutant beaucoup de musique saidi, vous pouvez donc être désenvoûté, ou devenir dingue, au choix. A rappeler également que le Saidi a été réintroduit par Mahmoud Reda et que la forme dansée par les femmes est une adaptation et pas quelque chose qui existe vraiment. La canne venant de celle utilisée par les hommes pour les combats mais le bout recourbée fait penser au canne "à marcher"
De plus les femmes ne sont pas sensées sauter. Les sauts sont réservés aux hommes (dixit Hassan Khalil).

 

FELLAHI

Danse des paysannes

 

GHAWAZEE

Le Ghawazee est la danse tsigane venue de l'Inde de la tribu des Nawaar qui s'est installée  en Egypte, empreinte d'une grande énergie (vibrations du bassin ), son style est joyeux et enjoué et vous emporte dans un tourbillon de bonne humeur !

Almée, de l'arabe âlmet (« savante »), désigne une femme indienne qui fait profession d'improviser des vers, de chanter et de danser dans les fêtes, en s'accompagnant de la flûte, des castagnettes ou des cymbales. Elles étaient choisies parmi les filles les plus belles, et reçevaient une éducation soignée. Elles étaient souvent appelées chez les grands pour égayer les festins. Les artistes orientalistes s'en sont souvent inspiré pour exalter un certain érotisme dégagé par le type de la danseuse orientale (de même que les odalisques pour le type de la femme au hammam).

Comme l'a déjà expliqué Isia, les almées étaient des femmes éduquées dans les arts du chant et de la musique, de la litterature, parfois de la danse. De telles figures se retrouvent (soit dit en passant) dans de nombreuses cultures, que l'on pense aux geishas japonaises.

A l'arrivée des Européens, les almées ont fui leur présence (d'ailleurs elles ne se montraient jamais devant les hommes et chantaient derrière des paravents pour qu'on ne les voit pas --cf Edward Lane).
Les ghawazi en revanche, bien qu'étant tout le contraire des almées avaient suffisamment de présence d'esprit pour affirer aux Européeens qu'elles étaient des almées, parfois pour se faire bien voir, parfois pour éviter la punition puisqu'il leur était interdit de rentrer dans les harems (contrairement aux almées). D'où a confusion TOTALE.

On notera au passage qu'il s'est passé sensiblement la même chose avec les geishas: les prostituées ont copié leurs beaux costumes, se sont fait passer pour elles auprés des Américains, d'où la confusion.

Les femmes peintes et décrites par les orientalistes sont des ghawazi. Même Edward Lane, qui pourtant a vécu longtemps en Egypte et état bien intégré dans la société, n'en a pas vu...

Le terme almée survit au "métier" dans un sens légèrement différent. A partir du milieu du 20ème siécle, il désigne les femmes de conditions modestes qui dansent dans les mariages (et ne sont pas forcément d'origine tsigane donc ghawazi, cf Nazla el Adel) avec un rôle initiatique. Un peu comme les shikhatts au Maroc.

 

HAGGALAH

Danse des bédouines du désert au nord-ouest de l'Égypte exécutée la veille de mariage.

 

NUBIEN

Danse nubienne du sud au bord du Nil.

 

MELAYA

La melaya est un folklore d'Alexandrie.
La melaya leff est un grand rectangle en tissu lourd et opaque le plus souvent de couleur noire. Elles sont souvent décorées avec des grosses paillettes rondes.
A l'origine il s'agissait d'une sorte de grand chale utilisé comme un manteau par les femmes (elles entouraient leurs corps avec avant de sortir dans la rue).
Les robes sont souvent courtes, flashys, et très pailletées et parfois les danseuses portent des petites claquettes à talons.
C'est une danse très féminine, théâtrale, et coquette, avec beaucoup de mimiques.

Le folklore est originaire d'Alexandrie en effet, et, il existe égalemenet la Mellya of Cairo plus dansé sur du baladi que sur du Mambouti, la pretresse en Europe pour l'Alexandrie Mellaya est Magda Kaddous qui l'a eu en enseignement étant enfant, les danses de Mellaya dansées par la troupe Mahmoud Reda (désolée je n'ai pas d'autre éxemple) est plus du caractère Cairotte, et Lubna Emam en a fait également une qui est très coquette. à Alexandrie les robes étaient très moulantes et plus courtes, au-dessus du genou alors qu'au Caire elles se portent plus longues et moins moulantes, style Galabeya, la capitale étant plus conservatrice.

La Mellaya Leff est le vètement et se porte depuisfin 19ème / début du 20 ème siècle (vue sur des photos ethniques) par les femmes du sud comme du nord d'Egypte sauf que ce n'est pas de la même manière qu'elles le portaient et qu'en fonction des régions et du statut social il y avait plus ou moin des perlages. Je tenterais de mettre des vidéos d'un stage que je donne sur les variantes de Mellaya, faudrait il que j'en ai de mes cours.