Interview de Lylia Bourbia

En septembre, j’étais au festival Oriental Origins organisée par Tiha à Dunkerque. J’ai eu le plaisir d’y retrouver Lylia ! Bien que je la connaisse déjà, elle m’a de nouveau bluffé sur scène et dans ses stages. J’ai tout de suite eu envie qu’elle se prête au jeu de l’interview pour ce premier rendez-vous !

 Bonjour Lylia,

Merci beaucoup de répondre à nos questions. 🙂

Lylia danseuse orientale à Bordeaux

En préparant l’interview, je me suis plongée dans ton parcours, y compris tes premières vidéos sur scène de 2010. Peux-tu nous en dire plus sur ta rencontre avec la danse ?

J’ai toujours baigné dans la culture orientale grâce à ma maman algérienne. Elle voulait que l’on prenne des cours de danse orientale ensemble depuis que je suis petite. Mais j’ai toujours refusé préférant d’autres sports (judo, tennis). A 15 ans, mes parents ont déménagé à l’île de la Réunion. En cherchant une activité sportive ma mère est tombée sur un flyer de Latifa Saadi pour des cours de danse orientale. On a décidé d’essayer ensemble, elle est restée deux mois tandis que j’ai découvert une réelle passion.

De retour à Bordeaux 2 ans plus tard, j’ai continué à prendre des cours avec Leyla Aïdara pendant 6 ans. J’ai très vite commencé à participer à des festivals, à gagner des concours et être invitée à des scènes ouvertes. En 2010, j’ai commencé à donner des cours de danse orientale à Bordeaux, parallèlement à mes études pour devenir professeur de Maths. J’ai commencé à avoir de plus en plus de contrats en France puis à l’étranger. Finalement, j’ai pris la décision de faire de la danse orientale mon métier et de m’y consacrer pleinement.

lylia danseuse orientale à bordeaux

Je trouve que tu as su trouver ta touche, une véritable identité qui t’est propre. Comment as-tu développé ce style personnel ? Les concours t’ont-ils aidé ?

J’ai toujours aimé le principe des concours et notamment dans les activités sportives. Pour moi c’est un réel moyen de me dépasser, challenger, progresser. J’aime pouvoir me fixer des objectifs concrets et m’entraîner pendant de nombreuses heures pour y arriver.
En participant aux concours, j’ai compris qu’il fallait non seulement que je travaille sur ma technique et ma chorégraphie mais aussi que je me différencie. Je cherchais des musiques pas très utilisées pour les concours, ce qui m’a permis de trouver ce que j’aime et ce qui m’allait le mieux d’un point de vue musical. Je souhaitais présenter des chorégraphies un peu différentes où j’essayais de mettre l’accent sur l’interprétation ou plus montrer ma personnalité. Etant de base très réservée, j’ai beaucoup travaillé sur l’aspect mental et l’image que je voulais renvoyer de moi quand je montais sur scène. Les concours m’ont vraiment permis de m’épanouir et de prendre confiance en moi et en ma danse.

Grâce aux concours, j’ai commencé à m’interroger sur mon style en tant que danseuse, ce qui faisait ma différence et ce que je voulais transmettre au public quand je danse. Je me revoie encore en train de dire à mes amies : « Mais je ne sais pas si j’ai un style ? Comment on fait pour trouver un style ? ». Ce n’était pas forcément une évidence pour moi. Au début j’étais très attirée par un style de danse plus argentin mais avec le temps, et en essayant plein de styles différents, je me suis rendue compte que le style égyptien me correspondait beaucoup plus. En ajoutant une touche de modernité, j’ai trouvé un style de danse qui me ressemble à 100%.
J’ai énormément appris en regardant les vidéos de Fifi Abdo, notamment pour son côté naturel, sa présence scénique et bien sûr ses baladis. Randa Kamel a aussi été une grande source d’inspiration pour moi, non seulement pour sa technique mais surtout par son charisme sur scène.

Je suis quelqu’un de très timide et réservée dans la vraie vie donc j’ai dû vraiment travailler pour arriver à prendre confiance en ma danse et être à l’aise sur scène. Mais je pense que c’est ce qui fait aujourd’hui ma force. J’ai réussi à me débarrasser de certains blocages et à être authentique et naturelle sur scène.
Je garde toujours en tête que quand je danse sur scène, je danse pour moi mais aussi pour transmettre des émotions au public. Je ne suis pas juste là pour être ‘jolie’ ou montrer ma technique. Je veux vraiment partager mon moment sur scène avec les gens en face de moi. Si la musique me touche et m’émeut ou si je fais une attitude qui me fait éclater de rire sur scène, j’aime pouvoir le transmettre à ceux qui me regardent.

interview lylia bourbia

Je trouve effectivement que tu as toujours des super musiques, en stage ou sur scène !

C’est vraiment une volonté de ma part que de toujours me renouveler et cela passe aussi par la musique. J’essaye de toujours changer, proposer de nouvelles choses et partager mes derniers coups de coeur musicaux. J’ai un faible pour les musiques en live donc je suis toujours en train de fouiner sur YouTube pour trouver de nouvelles versions, ce qui me permet de découvrir d’autres artistes, d’autres musiques etc.

Tu as aussi de très bons élèves, qui te suivent parfois sur certains événements. Comment pousses-tu tes élèves dans leur progression ?

Je voulais être professeur de Maths donc j’ai toujours aimé enseigner, transmettre et aider. C’est tout naturellement que j’ai voulu faire professeur en plus de ma carrière de danseuse. J’attache une grande importance à la technique, l’authenticité mais aussi à l’écoute musicale. Il est important pour moi que mes élèves dansent réellement, qu’elles ne récitent pas juste mes combinaisons et chorégraphies. J’aime pouvoir aussi aider chacune de mes danseuses à prendre confiance, dépasser ses appréhensions et à trouver ce qui fait sa force.

En tant qu’artiste et professeur, comment as-tu vécu la pandémie et les différentes interdictions de ces 2 dernières années ?

Comme pour toutes, cette période a été extrêmement compliquée et m’a apporté beaucoup de problèmes… mais aussi énormément de remise en questions qui ont débouché sur beaucoup de décisions très positives. Il a fallu se réadapter, apprendre à enseigner autrement et proposer des choses différentes. Suite à cette période, je me suis enfin décidée à lancer mes cours en ligne qui sont un véritable coup de coeur pour moi. Une opportunité de partager ce qui me passionne avec des élèves de France et d’ailleurs.
Mais ça a aussi eu un impact sur l’énergie que je ressens dans mes cours et dans les stages. Je pense qu’on est tout simplement heureuses de se retrouver et de pouvoir de nouveau danser toutes ensemble.

Ta vidéo préférée de toi-même 😛 :

J’ai énormément travaillé sur ce saidi. Je crois que c’est l’un de mes préférés et où j’ai vraiment compris à quel point j’adore ce style. Fun fact: je ne danse pas avec un bâton de saidi mais avec un bâton de dabke beaucoup plus court…L’organisatrice avait oublié de m’apporter son bâton et une heure avant le spectacle je ne savais pas comment j’allais danser sur scène !

Ton son du moment ❤️ :

J’adore ce groupe et cette musique me donne la pêche !

Merci mille fois Lylia d’avoir pris le temps de répondre à mes questions ! ❤️

Lylia a vraiment un site magnifique ! Allez faire un tour pour pour plus d’infos sur ton parcours, les cours particuliers et les cours en ligne 👉 lyliabourbia.com


Cet article est d’abord paru dans Ya Salam!

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